L’Attrape-cœurs

Salinger

"I'm not going to draw you a map, Grady. Times like these, you have to do your own navigating." - Frances McDormand, Wonder Boys

L'attrape-cœurs

J.D. Salinger - Pocket

ISBN : 2266125354

Assise dans la salle d’attente de mon généraliste, mon attention est attirée par le récit qui passe à la radio. Je vérifie sur le web, il s’agit bien d’un extrait de « L’Étranger », de Camus. Je me rappelle ce cours de Français et l’analyse sexuelle que mon prof. nous en avait faite. Le couteau, tel un symbole phallique. L’éducation catholique, on a tort de dire que ce sont des culs serrés.

Quelques jours plus tôt j’ai attaqué « Les Nourritures terrestres » de Gide. Consciente que j’ai désappris ces derniers mois toute une série de choses – le sens de mon parfum, le goût du poivre, du paprika ou du sucré, l’envie des réseaux sociaux, des séries TV, la presse –, je suis résolue à en tenter de nouvelles.

« Les Nourritures terrestres sont le livre, sinon d’un malade, du moins d’un convalescent, d’un guéri — de quelqu’un qui a été malade. Il y a, dans son lyrisme même, l’excès de celui qui embrasse la vie comme quelque chose qu’il a failli perdre ; »

C’est très touchant, André, cet éveil à la beauté éclatante de la vie, à sa mystérieuse miraculosité.

Exit la symphonie pastorale, place à « La Vie devant soi » d’Émile Ajar, alias Romain Gary. Splendide, je me fais deux classiques en un.

Avant une fin qui se fait interminable, je me plonge avec délectation dans le parti pris linguistique de Romain Gary, celui d’un jeune homme sans éducation, s’exprimant avec volubilité, en dehors de toute discipline syntactique.

Bien, un joli Blaise Cendrars plus loin, je quitte le Vieux Continent pour des horizons plus connus.

J’ai un cadeau d’anniversaire à acheter. Pourquoi pas Salinger ? Ils n’ont que « Franny et Zooey ». Parfait. Plus tard, j’ai adoré ses Nouvelles. Mais c’est « L’Attrape-cœurs » qui fut l’un de mes premiers coups de foudre, l’histoire d’un ado fugueur traînant dans les rues de New-York à l’approche des vacances de Noël, qui se souvient entre autres de son frère mort d’une leucémie.

L’Attrape-cœurs est le livre, sinon d’un malade, du moins d’un anxieux, d’un fragile — de quelqu’un qui est en transit. Il y a, dans son vagabondage même, l’outrance de celui qui redoute la vie comme quelque chose d’énigmatique.

Toutes proportions gardées, Holden étant un ado fragile, aux prises avec l’angoisse posée par le passage à la vie adulte, je partage son vagabondage.

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